lundi 29 avril 2013

Haut-Pays : depuis 68 ans, Marthe Legrand ne quitte pas son harmonium


Depuis 68 ans, Marthe Legrand, qui fêtera ses 82 ans le 2 mai, fait vibrer les harmoniums des églises des paroisses Notre-Dame des vallées et Notre-Dame des campagnes.

Marthe Legrand assise devant l’harmonium sur lequel elle joue depuis 68 ans.
VDN
Originaire de Lebiez, elle a joué ses premières notes à l’âge de 14 ans, entraînée par sa mère, Yvonne, dans le tourbillon de la musique. « J’ai eu la chance de naître dans une famille qui aimait la musique. Emerveillée par la voix de maman, je l’ai rejointe dans la chorale de l’église », raconté Marthe Legrand. Harmoniste et chantre du village, Joseph Ducrocq lui a ensuite enseigné les bases de cet instrument. Sensible aux sons, l’apprentissage s’est révélé être d’une grande simplicité.
La musicienne considère d’ailleurs la musique comme un don. « C’est incroyable, c’est rentré tout seul. Mais il n’a pas eu le temps de m’apprendre toutes les gammes. Très malade, il est mort trois mois plus tard. Je lui ai immédiatement succédé. » Marthe a alors chanté et joué de l’harmonium à Lebiez jusqu’à son mariage en 1952. « Petite et menue, le curé ne me voyait pas derrière l’instrument et moi non plus. C’était ma mère qui me faisait signe lorsque je devais jouer ». Elle se souvient : « À l’époque, on allait chercher le défunt chez lui à pied pour l’emmener à l’église. On chantait en latin qu’il ne fallait surtout pas écorcher ».

Chez elle, son harmonium d’adolescente

En 1952, avec son époux, elle est venue habiter la commune. Elle a alors commencé à jouer et chanter dans de très nombreux villages lors des messes dominicales ou pour d’heureux, comme de tristes événements. Aujourd’hui, des ennuis de santé la fragilisent, alors elle a réduit son rayonnement à une dizaine d’églises. « L’harmonium, c’est ma passion, je ne peux pas arrêter même si j’y pense surtout quand je suis très fatiguée après une messe. » Ces instruments lui jouent aussi des tours. « À cause de l’humidité dans les églises, ils font des couacs, et des touches ne fonctionnent plus. C’est agaçant mais je m’adapte. Ma force est d’avoir une bonne oreille et une excellente mémoire. »
Dans sa maison, trône l’harmonium que ses parents lui avaient offert adolescente. Même s’il a aujourd’hui presque cent ans et quelques dysfonctionnements, elle continue de faire glisser ses mains sur le clavier. Marthe Legrand est aussi très fière d’avoir transmis sa passion pour la musique à ses enfants et petits enfants dont l’une a même appris l’harmonium.

jeudi 25 avril 2013

CD : L’Harmonium de Lemmens et de Guilmant

CD : L’Harmonium de Lemmens et de Guilmant 
Écrit par Yvette Canal on 24 avril 2013. 
Posted in Musique 
 par Joris Verdin Gallo 
CD 1328 

 

 Cet album, L’Harmonium de Lemmens et de Guilmant, est le troisième de la série Référence Harmonium, avant le volume 4 qui traitera de l’Harmonium Excentrique de Karg-Elert. Il suit Les Grands moments de l’harmonium et L’Harmonicorde de Lefébure-Wely. Le maître d’œuvre en est Joris Verdin, organiste, musicologue et grand spécialiste de l’exécution historique de la musique pour harmonium. Au programme, tout d’abord des œuvres profanes d’Alexandre Guilmant (1837-1911). En fait, la totalité de ses œuvres de salon, comme on disait avant que ce terme ne devienne plutôt péjoratif. Des morceaux qui montrent combien ce grand organiste avait compris cet instrument particulier qu’est l’harmonium et toutes ses possibilités, puisque cela va de « Villageoise », une bluette qui pourrait convenir à un simple accordéon, jusqu’à sa quatrième sonate, opus 61, qui a de plus grandes ambitions. Toutes ces pièces sont jouées, magnifiquement sur un harmonium Mustel de 1891, sauf deux (Prière et berceuse » et « Scherzo ») qui le sont sur un harmonium-celesta Mustel de 1927. La seconde partie, toujours sur l’harmonium Mustel de 1891, est consacrée à l’œuvre de Jacques-Nicolas Lemmens (1823-1881) qui fut le professeur de Guilmant et qui avait une véritable passion pour cet instrument. Une invocation, un nocturne, une berceuse, une rêverie, de petits morceaux charmeurs et séduisants qui devaient le changer de la musique religieuse qu’il avait l’habitude de composer pour orgue. Ainsi qu’une très curieuse Nuit de Walpurgis, un thème qui était à la mode à l’époque, nous pensons à Charles-Marie Widor qui fut son élève ou encore à Mendelssohn, Brahms ou Gounod. Sans oublier Paul Verlaine, bien sûr, son contemporain.