mercredi 6 février 2013

Noyen-sur-Sarthe : à l’église, l’harmonium revit


L’harmonium de l’église s’est refait une beauté. Grâce à Alain Boulais, voilà l’instrument restauré et prêt à se faire entendre lors des cérémonies.

L'harmonium de Noyen a été restauré, puis béni lors de la messe du samedi 26 janvier, dernier.

Que serait une église sans son orgue ou son harmonium ? L’instrument de musique est devenu un élément incontournable dans nos édifices religieux. Partant de ce constat, Alain Boulais a tout mis en œuvre pour restaurer l’harmonium de l’église de Noyen, et ainsi lui donner une deuxième vie. Car cet harmonium a déjà bien vécu.
Construit entre 1 860 et 1867, il est issu de la manufacture Debain, fondée par Alexandre Debain, dépositaire d’un brevet d’invention de l’harmonium en 1 842. Depuis le temps, il y a de fortes chances que l’instrument ne soit plus à son état originel. « Il est probable que l’instrument ait subi des interventions d’entretien et de réparation. Des traces de feutre de couleur différente, l’ajout de matériaux hétéroclites, comme des rondelles de papiers, en sont les témoignages. »
Mais avec le temps, l’harmonium s’use. Surtout, il devient de plus en plus désuet, les époques changeant. Alors, pourquoi vouloir absolument le restaurer ? Pour l’amour du vieux patrimoine… « Les harmoniums étaient les orgues de nos petites églises rurales, qui n’auraient jamais pu se payer des grandes orgues à tuyaux. Ces instruments accompagnaient les offices, les cérémonies heureuses et malheureuses des fidèles. Ils font donc parti de notre culture musicale, religieuse et populaire et sont de véritables éléments du petit patrimoine rural. » Restaurer cet harmonium du XIXe siècle, c’est donc « sauvegarder, conserver et valoriser un élément de notre patrimoine mobilier et musical qui tend à disparaître. » D’où l’importance d’enclencher la rénovation.
Pour se faire, l’instrument a été complètement démonté, pour permettre d’isoler les différents éléments qui le composent (meuble, soufflerie, clavier…). « Chacun de ces organes a fait l’objet d’un démontage, d’un nettoyage, d’un traitement insecticide et d’une restauration, avec remplacement de pièces, le cas échéant. Dans la mesure du possible, les techniques traditionnelles ont été appliquées. » Par exemple, le clavier a été restauré partiellement, lui conservant ainsi sa patine naturelle due à près de 150 ans de service.
Profitant de cette restauration, une soufflerie électrique a été installée sous l’ancienne soufflerie. Cette dernière a été conservée, restaurée et reste opérationnelle. « Cette petite modernisation va permettre à tous les organistes de jouer cet instrument, sans avoir à actionner les pompes aux pieds, chose parfois difficile et déstabilisante pour le musicien. » Après le remontage de l’instrument, des réglages fins du vent, de la mécanique et l’accord des notes ont été réalisés. Une période d’essai a permis de s’assurer du bon fonctionnement de cet harmonium qui a repris son souffle pour plus de 50 ans. Pour finaliser les travaux, l’harmonium a été béni samedi 26 janvier et peut rejouer ses plus belles notes !

BEVILACQUA : Berceuse, sur Mason - Hamlin Liszt organes

Mason - Hamlin Cabinet Reed Organ : Opening Voluntary in C - E.L. Ashford